Station-service Relais Atomic - Avecune dépanneuse Budgie Toys, une Dauphine et une Simca 8 Dinky Toys.

Un jouet ancien, une station-service au 1/43ème

11 mai 2020
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Accessoire indispensable des petites voitures, les garages et les stations-service ont connu un succès important du milieu des années 1950 à la fin des années 1960. Ces jouets ont accompagné l’engouement des voitures miniatures au 1/43ème.
Toutefois, si les marques de petites voitures, comme Dinky Toys, Solido et autres, sont connues de tous, les fabricants des garages sont quasiment tombés dans l’anonymat, seul Depreux a réussi à se faire un nom.
Le jouet que nous présentons aujourd’hui est un relais-service tel qu’on les rencontrait sur nos routes et dans nos villes à partir des années 1950, il est le reflet d’une époque.

L’âge d’or des stations-service

Dès les années 30, mais surtout après la seconde guerre mondiale, la distribution du carburant pour les automobiles, en vertigineuse augmentation, va connaître une révolution. Fini les pompes à essence manuelles que l’on pouvait trouver devant les bureaux de tabac, les épiceries ou les cafés de village.

Pompe essence avant guerre

L’automobile est en pleine expansion, il faut organiser la distribution de l’essence et ce sont les compagnies pétrolières qui vont le faire. Chaque grande marque de carburant va créer ses propres stations d’essence. La concurrence va devenir rude entre les principaux pétroliers comme Esso, Shell, Azur et BP, rejoints un peu plus tard par Fina et Total.
Comme bien souvent dans l’après-guerre, c’est le concept américain qui s’impose. On va alors assister à la construction de belles stations, innovantes dans leur architecture et leur organisation. Afin d’attirer la clientèle, les stations essence vont proposer de plus en plus de services. Désormais on vous assure le contrôle du niveau d’huile, le nettoyage du pare-brise, le gonflage des pneus. Le service va jusqu’à effectuer de la mécanique d’urgence, remplacer des bougies, réparer un pneu, etc. Puis dans les plus grandes stations, on pourra même acheter de quoi se restaurer.
Ces lieux vont prendre pour nom Station-service ou Relais, ils sont destinés à accompagner l’automobiliste dans ses déplacements, ils s’imposent comme l’image joyeuse des départs en vacances.

Sur la Nationale 7 ou dans la ville, qu’importe la dimension de la station, la modernité et les services proposés sont essentiels. Le pompiste devient le personnage principal, il sert l’essence (belle époque), vérifie le niveau d’eau et d’huile (les voitures n’avaient pas la même fiabilité), nettoie le pare brise (les essuies glaces n’étaient pas ceux que l’on connait aujourd’hui). Il porte un uniforme impeccable, aux couleurs de la marque d’essence qu’il représente, fini le temps du meccano couvert de graisse.
Sur la route, la station est de lieu de rendez-vous pour toute la famille et séduit particulièrement les enfants qui reçoivent des cadeaux. Sur la base d’accumulation de points, on fidélise et on rend l’enfant complice, c’est lui qui incite Papa à s’arrêter chez telle ou telle marque d’essence afin d’obtenir la BD, le jouet ou le ballon convoité.

Publicité Shell années 1960

L’apogée des stations service va avoir lieu dans les années 1970, mais la stagnation puis le ralentissement va se faire sentir avec le développement des supermarchés qui vont devenir distributeurs d’essence et ainsi contribuer à faire disparaître les petites stations. Seules les grandes stations des autoroutes vont perdurer.
L’image de la station essence n’est plus présente que dans nos souvenirs. Le nombre de points de distribution d’essence est passé, en France, de 41 500 en 1980 à environ 10 000 en 2020.

Et l’âge d’or des garages jouets

Des années 1950 aux années 1970, la petite voiture est le jouet préféré des garçons et les filles ne les dédaignent pas. Dans le sillage de Dinky Toys, la concurrence est rude et pour diversifier la production, certaines marques proposent des modèles et des accessoires qui élargissent l’univers du jeu. Ainsi, dépanneuses, camions-citernes voient le jour, ils sont accompagnés de distributeurs d’essence, de panneaux routiers et de personnages.
Dinky Toys est aussi le plus présent dans ce domaine, mais être sur tous les front a ses limites, la limite sera la fabrication de garages.

Meccano et les autres laissent la main aux spécialistes, de petits fabricants assez peu connus à l’époque et tombés dans un quasi oubli aujourd’hui. Seul Depreux, le leader dans les années 1960, est réellement passé dans la postérité.
Il faut dire que cette marque française possèdera un riche catalogue composé de nombreux garages, du plus simple au plus grand, de stations-service, de parkings, de fermes, de châteaux forts et casernes. Le catalogue 1967, orienté vers le plastique, proposera même du mobilier pour poupées.

Jean Depreux, créateur des garages Depreux
Né en 1923, c’est à Roubaix qu’il rencontre Genevièvre Leutert qui tient un commerce de jouets. Se passionnant pour les jouets, il va se mettre à en créer ; notamment des garages pour les petites voitures, un jouet alors absent du marché.
Avec le succès des garages, en 1950, Jean Depreux installe un atelier et embauche une trentaine de personnes. Au fil des années, il étend son catalogue et agrandi son entreprise qui comptera une centaine de collaborateurs.
Ses jouets sont distribués sous la marque Depreux bien sûr, mais aussi Azur, Starlux et SIO. A la fin des années 1960, il importe des jouets comme des maisons de poupées qu’il distribue en France. En 1975, face au bouleversement de l’univers du jouet, il conclut un partenariat avec la société anglaise DCM, à qui il vend ensuite son entreprise, tout en restant gérant. Depreux devient DCM Depreux SA. En 1979, Jean Depreux prend sa retraite, l’entreprise ferme en 1981.
Source : ateliers-memoire-roubaix.com

Les concurrents de Depreux possèdent une gamme plus modeste, les fabricants ont pour nom France Jouet, Minialux, Jemply, Atomic, Majolu, Nil… Pendant une quinzaine d’années, de 1955 à 1970, toutes ces marques produiront de beaux modèles, tous compatibles avec les petites voitures au 1/43ème et fabriqués sur la même base.
La structure des garages est réalisée en Isorel, c’est un panneau en fibres de bois transformées sous haute pression. Les panneaux présentent une surface lisse et une surface structurée, le côté lisse est peint en blanc et l’autre face reste brut, elle constitue les parties invisibles. Ainsi le sol, le toit et les parois sont réalisés avec ce matériaux assemblé par des montant en bois. Les accessoires sont le plus souvent réalisés en plastique comme les pompes essence et les enseignes, en Rhodoïd pour les parties vitrées et en métal pour les portes et le pont élévateur.

Catalogue Depreux 1967

Très proches quant à leur aspect, il n’est pas facile d’identifier une marque, les catalogues (hors Depreux) sont rares, ceux des magasins n’indiquent pas souvent le fabricant et la marque est absente du jouet. Pour l’identifier, il faut observer le style du jouet et la marque du pétrolier affichée sur le garage. En effet, les fabricants de garages apposent une marque d’essence sur leur modèle, quasiment toujours la même, un probable accord commercial.
Ainsi Depreux utilise essentiellement ESSO, Nil est avec AZUR puis TOTAL, Majolu semble fidèle à MOBIL et Jemply à SHELL. Seul Atomic affiche tour à tour AZUR, VEEDOL, MOTUL et BP.
Enfin, on peut citer deux marques fabriquées et distribuées par Depreux, les jouets Azur (rien à voir avec la marque d’essence) qui utilisent aussi ESSO et SIO qui fait la promotion de CALTEX.

Dans les années 50 et 60, le garage est un jouet cher, un cadeau conséquent et la période de Noel était la plus propice pour se les faire offrir. Voilà pourquoi ils étaient toujours en bonne place dans les catalogues des grands magasins.
En 1955, nous parlons en anciens francs, un garage avec étage coûtait 2650 F, une station d’un niveau 1850 F, en comparaison chez Dinky Toys, les pompes Esso coûtaient 270 F, la Citroën Traction 225,00F et la 2CV 180 F.
En 1968, nous parlons en nouveaux francs et avec l’arrivée du plastique les prix baissent, ainsi un beau garage vaut 40 NF et une Renault 8 Gordini Dinky Toys 9 NF.
On comprend que le garage ou la station-service étaient des jouets rares et de fait peu courants aujourd’hui, surtout en état d’origine.

Place au jeu avec une station-essence Atomic

Station-service Relais Atomic - Veedol

Le problème du collectionneur est bien souvent la place et le garage est un élément improbable dans une vitrine. Il est alors souvent préférable de s’orienter vers les petits modèles, petits garages ou stations-service. C’est l’intérêt du modèle que nous présentons, une taille réduite. Son autre attrait c’est que ce jouet est neuf et dispose encore de sa boite, même si nous allons le voir, cette dernière présente assez peu d’intérêt.
Voici donc un Relais station-service destiné à la distribution de l’essence. Il s’agit, selon toute vraisemblance, d’un jouet de marque Atomic qui, comme on l’a vu, utilisait de nombreuses enseignes. Ici il s’agit de Veedol, marque d’huile créée en 1913 et connue pour avoir été choisie comme lubrifiant de la Ford T.

Mesurant seulement 28 x 20 cm pour une hauteur de 11 cm, cette station date de la fin des années 1950 et sera commercialisée jusqu’au milieu des années 1960. Elle est réalisée en Isorel et structure bois, le grand vitrage portant les indications station-service, huiles et essence est réalisé en Rhodoïd, les accessoires, dont l’unique pompe et des deux sapins sur pot, sont en plastique, comme l’enseigne Relais et le mat Veedol amovibles. Des autocollants Veedol et bougies Marchal renforcent le réalisme. Un pompiste en matière plastique est fourni, il est en tenue classique, combinaison bleue, casquette blanche et besace en bandoulière.
La station était livrée dans une boite carton sans marque, où seul un marquage au tampon « RELAIS » est apparent (voir photo).
Absolument charmante, la station s’adapte parfaitement aux miniatures au 1/43ème de l’époque. Nous la présentons avec une dépanneuse Budgie Toys, une Dauphine et une Simca 8 Dinky Toys.

Il n’y a pas réellement de cote pour ces jouets d’autant que la plupart a disparu ou sont le plus souvent incomplet. Il s’agit ici d’un modèle neuf, sa valeur se situe entre 120 et 150€. Les prix des garages en très bon état s’échelonnent entre 150 et 300€.

  1. Encore un dossier super intéressant! Merci ! Une anecdote en passant. Il y a 6 ou 7 ans, perdu dans les Cévennes et avec un niveau bas d essence, je suis tombé dans un village où il restait une pompe qui fonctionnait avec des pièces! C était l épicier qui te les fournissaient! En ancien francs bien sûr! Et lui convertissait la somme en euros en fonction de la quantité prise!

  2. un article tout empreint de nostalgie mais qui fait revivre de façon extrêmement réaliste la belle période des stations SERVICES.
    Quel contraste avec l’anonymat et le désert des stations actuelles …..

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