Morris J Royal Mail et Capstan - Dinky Toys 260 et 465

Une voiture, une miniature : Morris J van / Dinky Toys

19 juillet 2020
Commentaires 4

Une voiture historique, célèbre ou simplement originale et sa reproduction en miniature… Ce mois-ci la camionnette Morris type J, un petit utilitaire des années 1950. Populaire en Grande Bretagne, il n’y avait quasiment aucune chance de le croiser sur les routes françaises ; pourtant ce petit van n’est pas inconnu, puisqu’il a été reproduit à son époque par Dinky Toys et plus récemment par d’autres marques.
Privilégiant une reproduction contemporaine de l’original, c’est tout naturellement le modèle Dinky Toys que nous présentons.

Le Morris type J, une camionnette plébiscitée par la poste

Un peu partout en Europe, l’immédiat après-guerre voit l’apparition de nombreux fourgons compacts. Le Royaume-Uni, qui possède la tradition de la livraison à domicile (par exemple les bouteilles de lait déposées chaque matin devant chaque maison), a été très actif dans le domaine des fourgonnettes légères.
Ainsi Morris Motors, qui avait créé une Morris Commercial spécialisée dans les utilitaires, présenta en 1948 un petit fourgon qui allait devenir célèbre outre-Manche.

Morris type J

Entrée en production en 1949, la Morris J-type est une camionnette compacte à cabine avancée et portes coulissantes sur les deux côtés. Sa ligne, avec un toit en courbe, une calandre en forme de poire et son pare-brise en deux parties, est très séduisante. Ne mesurant que 3,78m de long pour 1,62 de large, le Type J possède un rapport encombrement / volume de chargement imbattable.

La Morris J était vendue carrossée en fourgonnette ou sous forme de châssis cabine, ce dernier permettait tous types d’aménagements aussi variés que livreur de lait, ambulance, marchand de glace, camping car…
Mais c’est bien sous sa forme camionnette qu’elle est la plus connue et que de nombreuses entreprises vont l’utiliser pendant toute sa période de production, de 1949 à 1961.
Le plus important utilisateur du petit fourgon sera le Royal Mail, le service postal anglais. Le Van Morris sera même modifié pour les livraisons postales, les ailes avant et arrières sont ainsi réalisées en caoutchouc noir, comme le faisaient les chemins de fer britanniques sur plusieurs de leurs véhicules, ceci afin de les rendre plus résistantes aux bosses et aux éraflures. Cette disposition est reconnaissable par le déplacement des phares avant des ailes vers le côté de la cabine.
Sur les 48 600 Type J construits, 17 000 seront livrés à la poste britannique.

Morris type J Royal Mail

Morris type J par Dinky Toys : une version Royal Mail

Liverpool ne pouvait laisser passer un fourgon aussi populaire, c’est pourquoi la petite camionnette apparaît au catalogue Dinky Toys en 1955. Comme tous les modèles de cette époque, la conception est très simple, une carrosserie monobloc en zamak rivée sur un châssis en tôle peinte, il n’y a pas d’aménagement intérieur ni de vitres. Ce qui fait sa force, c’est un respect des lignes, une qualité de moulage sans reproche et surtout une bouille à croquer.

Dinky Toys a choisi la version Royal Mail et comme le vrai Type J des postes, le fourgon est décoré en rouge vif avec le toit noir, les hublots arrières sont grillagés, la sérigraphie avec la couronne royale est finement dessinée. Seules les ailes sont peintes en rouge alors qu’elles auraient dû être noires, mais les phares sont bien placés.
Pour terminer ce tour d’horizon de la Morris Royal Mail, précisons qu’elle était vendue en boite individuelle jaune et porte la référence 260.

Puis une seconde version controversée

En Grande Bretagne, Dinky Toys a toujours su exploiter les utilitaires pour décliner de nombreuses versions, le Morris J va rester une exception puisque seules deux variantes seront commercialisées. Mais après la classique Royal Mail, Dinky Toys va afficher une publicité pour une marque de cigarettes, Capstan.
On peut vraiment s’interroger sur ce choix de Liverpool puisque, bien avant l’interdiction de la publicité pour le tabac et l’alcool, les marques de jouets avaient, semble t-il, une éthique et refusaient ce type de publicité. En effet, horsmis quelques commandes spéciales produites en un nombre très faible d’exemplaires (Kronenbourg, Préfontaine…), les exemples de miniatures adoptant ce genre de publicité sont très rares. Il est alors surprenant que Meccano ait enfreint cette règle.

Produit à partir de 1957 à un moment où la Morris J était en fin de carrière et que le modèle Royal Mail commençait à s’essouffler, il fallait rentabiliser le moule avec une autre version. C’est alors qu’est apparu le modèle très joliment décoré en bleu ciel et bleu marine, roues bleu vif, avec une publicité pour Capstan, une marque de cigarettes. Pas d’erreur possible sur la marque, la sérigraphie représente une cigarette fumante et incandescente, complétée d’un fier « Have a Capstan » (Ayez une Capstan), slogan habituel pour cette marque, après guerre.

On a du mal à imaginer que Dinky Toys ait eu cette idée tout seul, on peut penser qu’il s’agit d’une commande d’Imperial Tobacco, non pour en faire une série limitée mais un modèle distribué dans les magasins de jouets. Il faut rappeler qu’à cette époque, en Angleterre comme en France, des marques ont payé Meccano pour avoir leur nom sur un Dinky Toys.
Les liens avec ce fabricant de tabac devait être important lorsque l’on sait qu’une publicité a également été produite sur les panneaux publicitaires réalisés par Hornby pour ses trains.
Livré en boite individuelle illustrée sous la référence 465, le Capstan n’a pas eu le succès escompté et n’a été commercialisé que de 1957 à 1959, alors que le Royal Mail a été produit de 1955 à 1960.

De fait, le Capstan est plus rare et très recherché par les collectionneurs, il cote aujourd’hui plus de 200€ alors que le Royal Mail se trouve pour un peu plus de 100€.
Il faut noter que Van Royal Mail est inclus dans le coffret cadeau Post Office Services référence 299.

  1. Hi, articles toujours intéressants que j’apprécie beaucoup.
    Néanmoins, svp, ne commettez pas l’erreur classique de juger à postériori les choix de l’époque….
    En 1957, fumer, c’était très bien, tout comme le whisky, restons intelligents par pitié ……

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.